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mercredi 30 avril 2014

2 février 1948 : prix des repas à la cantine d'IBM France

Vue générale de la salle pendant le déjeuner, en 1957
Si nous n'avons pas de précision sur les prix des repas de novembre 1947 à janvier 1948, nous savons par contre qu'à partir du 2 février 1948, le prix du repas est porté à :
  • 40 F pour les salaires inférieurs (bruts /48h) à 18.000 F.
  • 50 F pour les salaires entre 18.000 et 30.000 F.
  • 60 F pour les salaires supérieurs à 30.000 F.
L'année 1947 est "l'année terrible" de la IVe République. Les Français, 3 ans après la Libération ont encore faim.
Le rationnement continue : peu de pain, très peu de viande (200 gr par semaine), pénurie de vin, de confitures, de lait, de beurre et de mille autres denrées. Les prix s'emballent : en un an 60% d'inflation selon l'INSEE.

Le délégué gestionnaire des restaurants L. CHEPPE signale que les prix des denrées qui en octobre 1946 était à 30,65 F pour un prix de repas à 30 F est passé à :
  • 34,25 F en mars 1947
  • 36,26 F en juillet 1947
  • 42,19 F en septembre 1947 
  • 45,32 F en novembre 1947

Une augmentation de presque 50% en un an.
Les nouveaux prix ne plaisent pas à tout le monde. Une pétition circulera dénonçant le fait "que personne ne nous a demandé notre avis sur l'achat d'une portion qui tend ainsi à niveler nos moyens à ceux du manoeuvre malgré une différence professionnelle et hiérarchique reconnue".

Les tarifs seront maintenus et il est intéressant de comparer la structure des salaires des différences établissements en regardant sur une période donnée la ventilation des tickets vendus.

Période du 25 août au 24 septembre 1948


St Honoré Vendome
Vincennes
Michel-Bizot
Essonnes
TOTAL
Vente de repas à 40 F/ nombre
2.502
3.881
2.454
8.837
Vente de repas à 50 F/ nombre
2.146
5.428
2.052
9.626
Vente de repas à 60 F/ nombre
550
598
33
1.181
Repas gratuits
253
377
242
872
Total des repas servis
5.451
10.284
4.781
20.516

Extrait de "Mémoires d'IBM" - Information réalisée pour le CE IBM-Essonnes

vendredi 18 avril 2014

Témoignage d'IBMer : Viviane Blum


Je suis rentrée en 1959. J’ai été embauchée pour la direction financière. Je me suis retrouvée dans le recrutement grâce à ma mère : j’étais dans un boulot qui ne m’intéressait pas et elle m’a conseillé de mettre une annonce sur les Echos.

Pour les administratifs, tous les mardis matin, le chef du personnel regardait les Echos et a remarqué mon annonce. J’appelle IBM qui me demande quand je suis libre. Ils me donnent un entretien ce vendredi même Place Vendôme.

 
 

On me reçoit, je passe des tests – 7-8 feuilles à remplir. Je lui dis que je parle anglais et il me dicte une lettre en français que je dois taper en anglais.

Il jette un œil aux réponses et me dit que je vais être présentée cet après-midi dans les locaux du Louvre pour faire connaissance avec les collègues, le patron pour que je sois prête à travailler le lundi suivant. J’ai été reçue l’après midi, on m’a accompagnée au bureau et j’ai commencé à taper des factures en anglais pour les camions italiens et allemands.

J’étais à la direction financière Place Vendôme. Quand j’avais quelques moments de répit, je faisais le courrier du patron. J’ai beaucoup appris en rigueur, exactitude et confiance qu’on pouvait nous donner : au service import export, mon patron allait dans les ambassades. Puisqu’il partait pendant 2 mois en vacances, mon patron voulait que j’y aille à sa place. Ça montre la confiance qu’ils avaient et les opportunités.

J’ai été embauchée pour la partie assurances : sinistres, ce que les gens perdaient dans leurs valises… Et un jour on a eu le feu à Montpellier dans une partie de l’usine. Notre patron n’était pas là, du coup je traitais le sinistre directement avec eux. Ils avaient débarqués pendant ma pause café pour avoir toutes les infos possibles pour qu’ils puissent traiter.

Au bout de 3 ans, on ma proposé d’aller à la direction des ventes des matériels de bureau. C’était à Nation et on était une trentaine. Ce service a duré pendant 2 ans et on a remis tout le monde en agence. Je me suis donc retrouvée dans l’agence Montparnasse où je traitais les 7ème et 15ème arrondissements. J’ai vécu à Montparnasse des moments superbes : mon objectif principal était de faire descendre les impayés !

Pour l’anecdote : Un employé avait promis à une bonne sœur américaine qu’elle ne paierait pas la TVA pour sa machine à écrire – elle est venue me voir pour acheter la machine sans la payer mais il me fallait une brochure pour que je lui fasse, donc on lui a refusé. Pour réussir à lui faire payer, je lui avais préparé un plateau cadeau avec des gâteaux et elle nous l’a fait le chèque !!

Anecdote formidable : mon patron m’appelle et me dit que Monsieur Lemonnier voulait que sa fille fasse un stage dans l’agence. Je devais la prendre en charge. Elle est arrivée le même jour qu’une autre stagiaire, et elle est arrivée avec un saxophone ! Convention du Danemark.

Anecdote : Je vois un papi sur un fauteuil, je demande qui c’était ce papi, et il se relève en me disant que c’était Paul-Emile Victor.  On a eu également le grand humoriste Jean Amadou et il était très très gentil.

Dernière anecdote : années 60 port de pantalon interdit !


Source CARA