Envoyez vos meilleurs souvenirs avec IBM France (témoignages écrits, photos, vidéos) en nous écrivant à l'adresse ibmcentenaire@gmail.com. Après modération, vos articles seront affichés sur ce blog.
Affichage des articles dont le libellé est Jacques Maisonrouge. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jacques Maisonrouge. Afficher tous les articles

lundi 19 mai 2014

Témoignage d'IBMer : Bernard de Luze


Je suis entré  le 1er Août 1959 à Paris comme élève Ingénieur Commercial.
A l'époque, l'embauche était précédée de 5 interviews de 5 minutes avec 5 Directeurs de la Place Vendôme. Les cours de formation ne commençant qu'en Septembre, on m'a envoyé chez un client Agent de Change, dans l'atelier mécanographique, battre des paquets de cartes perforées, les trier, les interclasser, les imprimer. Très sympa !!!!

Formation jusqu'à la fin décembre, puis affecté à l'Agence de Bordeaux, patrie de ma famille. J'y ai passé l'année à essayer de faire une partie du quota personnel du Directeur, Monsieur Gouliaud. Très bonne ambiance, nous étions une quinzaine au total, dont 4 Ingénieurs Commerciaux. J’y ai passé l'année 1960.

J'ai alors été affecté à la nouvelle Agence de Limoges début 1961. J'ai habité l’Hôtel Central 3 mois avant d’être envoyé à Bourges où j'ai loué un petit appartement sans téléphone, rue Moyenne, à 80 m. de la Poste, et 150m. de la Cathédrale. J'avais un territoire à gérer et à prospecter que j'avais appelé « Le croissant infertile » et qui couvrait la Creuse, le Cher, l'Indre et la Vienne. J'ai prospecté Guéret, où l'on déjeunait pour 6 francs.
Au Blanc, commune de l'Indre, j'avais comme client Les Entrepôts de l'Armée de l'Air. Le centre mécanographique était dirigé par un Adjudant-Chef qui m'a montré des archives très précieuses: une étude commerciale signée par Jacques Maisonrouge, Ingénieur Commercial, avec une tenue de stock organisée autour de la formule: ancien stock plus entrées moins sorties égal nouveau stock.
J'ai fait mon Quota!!!Je me suis marié le 4 Janvier 1962, installé toujours à Bourges avec ma femme. Je l'ai abandonné pour ma première Convention, cette année-là à Vienne en Autriche. N'ayant pas réussi à signer la Banque Hervet, gros compte Bull, j'ai quand même été affecté à Paris le 1er Janvier 1963 au Bureau de Marengo, LE Bureau des Banques et Assurances, où je suis resté 3 ans. FANTASTIQUE!!!!.

1er Janvier 1966, fin de ma carrière d'Ingénieur Commercial, je suis nommé Directeur de l'Agence de Montpellier. Pourquoi??? Parce que je parle l'anglais et que plusieurs fois par an débarquent de New-York quelques Américains qui viennent visiter l'Usine de Montpellier. Traditionnellement, quand on visite l'Usine on doit visiter l'Agence.

A l'Usine, les Directeurs parlent l'anglais, à l'Agence, personne !
Donc il fallait un Directeur parlant la langue. J'y suis resté 5 ans, très rare chez IBM, une période merveilleuse, des amis proches que nous conservons soigneusement. Nous avons eu des jumelles le 31 Juillet… et le 1er Octobre, j'étais nommé Directeur Général d'IBM Turquie ! Plus loin, toujours au bord de la Méditerranée.

En Septembre, Ségolène et moi allons à Istanbul louer un appartement pour nous sept, nous avons 5 enfants, et tout début Octobre, il reste 5 valises, le Baptême des jumelles à Paris un samedi et pendant la réception le téléphone sonne. Le Directeur du Personnel d'IBM Turquie me dit de venir seul le lendemain : il y a le Choléra à Istanbul et déjà 20 morts...!

Je suis donc parti seul, revenu 15 jours plus tard, reparti avec ma smala et installé au Hilton à attendre mon déménagement presque un mois ! Entre temps une dévaluation de 66%. Tous nos contrats de location étaient payables à 80% en dollars, le reste en livres turques. J’ai demandé un financier américain à la Worldtrade pour rebâtir un Plan financier drastique: on a fermé le bureau d'Izmir, d'Adana, rapatrié le personnel de 4 bases militaires américaines, bref, l'horreur ! L'hypothèse était que nous allions perdre un gros tiers de nos clients: miracle, nous n'en n'avons pas perdu un seul !
Mon prédécesseur était un américain bizarre, détesté au point que les syndicats avaient menacé de grève générale. Pour tout arranger, j'ai convoqué un Quick Off Meeting des 220 employés turcs au Hilton le 4 Janvier et après 2 courtes introductions en turc et en anglais par mes collaborateurs, je me suis levé et j'ai parlé 4 minutes en turc. Les 3 plus anciens du premier rang pleuraient: je n'ai pas eu une difficulté sociale pendant mes 3 années. Jacques Maisonrouge et sa femme sont venus rentrant de Persépolis où ils avaient été invités au couronnement du Shah. Kap Cassani est venu m'inspecter, beaucoup d'autres aussi, Istanbul avait bonne réputation.

 1974: nous voici de retour en France, à Paris. Un an assistant de Jacques Lemonnier, puis Directeur d'une Agence Administration, quand arrive une convocation urgente de Jacques Maisonrouge au Retiro en Décembre 1976. Il était Administrateur d'une filiale française d'une Compagnie  américaine S.R.A. Science Research Associate, maison d'édition scolaire pour l'apprentissage de la lecture appartenant à IBM.

Il fallait un nouveau Directeur Général, l'actuel venait d'être remercié. « Allez à Chicago voir le Président d'SRA, Dick Giesen et téléphonez-moi de là-bas si vous faites affaire ».
J'y suis resté 5 ans jusqu'à l'avoir vendue à un concurrent entre les deux tours de l'élection de François Mitterrand en 1981. Me voici de  retour à IBM France ! Je me suis occupé des relations avec les SSCII, j'avais un Département d'IC ayant tous 20 ans de carrière.....

Pas très longtemps, car IBM Europe m'a alors proposé un poste très intéressant : prendre la Présidence d'IBM Zaire et d'IBM Nigéria. J'allais donc tous les mois ou presque passer une semaine et plus à Lagos et une fois par trimestre 10 jours à Kinshasa. 

Au bout de 3 ans , je suis revenu à IBM France passer mes 3 dernières années. Jusqu'en Septembre 1989, j'ai fait de la motivation en organisant pour le corps commercial et technico-commercial des concours et des voyages autour du monde. 

Comme il y avait beaucoup de personnel féminin gagnant, IBM et les voyagistes voulaient une note féminine dans ces voyages. Donc ma femme, experte depuis 3 années de Bazar d'Istanbul, m'accompagnait dans les voyages de reconnaissance. Nous avons ainsi fait des voyages fabuleux au Rajasthan, à Bali, en Indonésie, au Népal, pour sélectionner les meilleures boutiques de bijoux, de tissus, de colifichets de toutes sortes au meilleur prix, bien sur ! Bouquet final : un extraordinaire voyage  d'étude de 50 Ingénieurs  Commerciaux et du Directeur Général Claude Andreuzza au Japon pendant 12 jours avec en point d'orgue un vrai tremblement de terre pendant Le Grand Dîner officiel de clôture ,120 personnes,  à Tokyo. Retour par 2 jours de Hong-Kong pour se refaire une garde-robe.

En Septembre 1989, profitant d'un très avantageux plan de séparation d'IBM France, 30 ans après quasi jour pour jour, j'ai quitté la Compagnie. Dix jours plus tard je rencontre un ami voisin d'immeuble et  qui plus est IBMer d'IBM Europe, chez le boulanger à 8 heures du matin. Je lui dis que j'ai quitté IBM huit jours plus tôt, il me répond que je dois venir le voir le jour même à son bureau : un ancien VP. d'IBM Europe, devenu chasseur de têtes à New-York cherchait un Directeur pour une Start Up canadienne dans la transmission de données par radio, appelée MDI. Un mois plus tard, j'arrivais prendre mon poste chez MOTOROLA, entre temps, la Compagnie canadienne avait été racheté par Motorola. J'y suis resté cinq ans pour apprendre que la radio n'était pas une science exacte.

In  fine, j'ai eu une carrière très intéressante et variée entre IBM France et IBM World Trade au milieu d'amis très sympathiques. Que de bons souvenirs !

lundi 3 mars 2014

Témoignage d'IBMer : Jacqueline Ellie

" J'ai été engagée le 2 novembre 1959 à IBM WTEC (World Trade Europe Corp.) qui était à cette époque logé dans les locaux d'IBM France - Place Vendôme - et occupait un des étages supérieurs de cet immeuble.

Nous avions accès à cet étage par un ascenseur dont les portes s'ouvraient directement dans la salle où étaient entassés bureaux et employés, les bureaux étant encastrés les uns dans les autres pour gagner le maximum de place. C'est ainsi que mon bureau était placé face à celui de mon "boss" et que j'étais très gênée de l'avoir constamment en face de moi.

Mr. William Borel, dont le fils Jacques Borel fut l'un des fondateurs des Wimpy et McDonalds, partageait un petit espace à mon étage.  Ancien Président de la Cie, et devenu âgé, il venait régulièrement occuper son "espace" : Cet espace consistait en une petite cage en verre où il y avait juste la place de son bureau.  Le "comique" de la situation était que l'emplacement de mon siège bloquait l'ouverture de sa porte, et quand il voulait sortir ou entrer, il frappait sur la vitre de sa cage pour me faire signe de déplacer mon siège !  C'était un charmant vieux monsieur et il s'amusait beaucoup de cette situation.

C'est le même mois de novembre 1959 - un peu avant que la WTEC ne quitte la Place Vendôme pour la Cité du Retiro - que le 25 eut lieu la Fête des Catherinettes.  Trop timide pour avouer que je faisais partie de ces demoiselles, je regardais les préparatifs.  Puis, à ma grande surprise, qqn avait dû vendre la mèche, car je fus soudain couronnée par un bibi vert et blanc, confectionné en papier à la va-vite par de gentilles collègues, me permettant ainsi de me mêler à la joie collective.  Une touchante attention que je n'ai jamais oubliée.

Puis vint notre emménagement Cité du Retiro, dans un vieil immeuble où Toulouse- Lautrec, paraît-il, menait sa vie de débauches.  Sans confort, sans cantine (nous devions aller tous les jours déjeuner près des Magasins du Louvre dans la cantine d'IBM France), mais nous avions notre propre identité. Puis nous avions des visiteurs insolites dans la Cité :

 (1)  Toutes les semaines un rémouleur passait, et nous nous retrouvions à ses côtés avec ciseaux et tout ce qu'on pouvait trouver à faire aiguiser, histoire de se donner du bon temps, et de donner qqs sous à ces braves gens.

(2).  Nous avions aussi droit, assez régulièrement, à des chanteurs de rue venus pousser la chansonnette (d'une voix plus ou moins juste), à des violoneux, et aussi à des orgues de barbarie.  Inutile de dire qu'ils recevaient tous des pièces de monnaie que nous lancions de nos fenêtres !
Un joyeux spectacle.

Chaque année était organisée une grande Fête pour Noël.  Dans les années 60 elle avait lieu à l'hôtel Continental.  Il y avait un buffet, de la musique, et M. Jacques Maisonrouge remettait un petit cadeau à toutes les femmes.  Le nom de chacune était annoncée au micro, et la personne devait se déplacer devant tout le monde pour recevoir son cadeau des mains de Monsieur Maisonrouge.  Ce pouvait être un foulard, une eau de toilette etc...  Je me souviens que j'étais rouge comme une pivoine en allant récupérer mon cadeau.   Nous n'étions pas très nombreuses à l'époque.  Par la suite, Noël prit le nom de Xmas Party et se tenait dans des lieux historiques, ex. La Conciergerie.  Pas de cadeaux individuels, mais des buffets extraordinaires où nous pouvions venir avec notre conjoint.

Un événement avait lieu également lorsqu'un employé atteignait  25 ans de compagnie.  Il avait droit à la "montre" rituelle des 25 ans, plus un cadeau à choisir parmi une sélection de très beaux cadeaux, puis un repas dans un restaurant de son choix avec un nombre limité d'invités de son choix, et personnellement j'ai eu l'honneur d'avoir à mon côté M. Michel Faucon, alors numéro 2 de la Compagnie. Un moment fort en émotion.

Le dernier événement fort que j'ai vécu, c'est lorsque je suis partie sur un plan Compagnie de retraite anticipée, en juillet 1991.  Au niveau d'IBM Europe, le processus fut le même que pour tous les heureux bénéficiaires du Plan, cadeau, repas etc...  Mais le souvenir qui est resté inscrit au fond de mon cœur est le repas que j'ai partagé avec mes collègues et amis d'IBM France, un repas simple et joyeux, dans un petit bistrot sur le parvis de La Défense, avec des personnes auxquelles je devais d'avoir eu une carrière magnifique grâce à leur expérience, leur aide, leur soutien, et par dessus tout leur sincère amitié.  C'est un des plus émouvants souvenirs de mes 35 années à IBM.

mardi 21 janvier 2014

Jacques Maisonrouge, un IBMer exceptionnel

Photo de Jacques Maisonrouge
Jacques Maisonrouge est l'IBMer français qui a atteint les postes les plus élevés dans l'organisation d'IBM WW pendant ses 36 années de carrière (1948-1984). 

Président de IBM World Trade Corporation en 1967, CEO en 1973 et Chairman en 1976. Il a reçu de très nombreuses décorations et a tenu un rôle important au service de l'Etat (notamment comme Directeur Général de l'industrie en 1986).

Le seul IBMer français à être nommé au board de IBM Corporation en 1983.
Il a eu 5 enfants, 10 petits enfants et 13 arrière-petits-enfants.


En savoir plus...