Après 27 mois passés
"sous les drapeaux" - comme on le disait à l'époque - le 1er Mars
1961 je rentrais à 23 ans chez IBM en qualité d'élève Inspecteur. J'étais
heureux. La technique me passionnait et travailler chez des clients à faire
fonctionner leur matériel donnait à l'inspecteur une aura tout à fait
valorisante.
Je voulais voyager. L'Afrique
me fascinait. Mais en attendant d'acquérir l'expérience nécessaire, j'acceptais
de venir au Mans ou résidait mes parents ce qui représentait pour moi la
solution de facilité. C'était l'époque de la carte perforée, des tabulatrices
et de la mécanographie. Tout a été dit sur cette époque, de la jauge Go-NoGo
aux trieuses à 2000 cartes minutes. Puis vint les ordinateurs. C'était une machine
énorme entourée de dérouleurs de bandes pour l'alimenter en octets. Pour
accueillir son IBM 7070, le client avait construit un bâtiment avec une pièce
climatisée où ronronnait ce que les opérateurs appelaient familièrement :
l'outil. Un couloir d'accès libre séparé par une vitre bordait cette pièce.
Le visiteur ébahi pouvait y
voir les bandes magnétiques dérouler leur rubans par saccade. C'était le seul
élément mobile. Au centre, massif, énigmatique et vaguement inquiétant, trônait
l'unité centrale. Le visiteur impressionné repartait pensif.
Je voulais voyager. L'Afrique me fascinait. Mais en attendant d'acquérir l'expérience nécessaire, j'acceptais de venir au Mans ou résidait mes parents ce qui représentait pour moi la solution de facilité. C'était l'époque de la carte perforée, des tabulatrices et de la mécanographie. Tout a été dit sur cette époque, de la jauge Go-NoGo aux trieuses à 2000 cartes minutes. Puis vint les ordinateurs. C'était une machine énorme entourée de dérouleurs de bandes pour l'alimenter en octets. Pour accueillir son IBM 7070, le client avait construit un bâtiment avec une pièce climatisée où ronronnait ce que les opérateurs appelaient familièrement : l'outil. Un couloir d'accès libre séparé par une vitre bordait cette pièce.
Le visiteur ébahi pouvait y voir les bandes magnétiques dérouler leur rubans par saccade. C'était le seul élément mobile. Au centre, massif, énigmatique et vaguement inquiétant, trônait l'unité centrale. Le visiteur impressionné repartait pensif.
IBM 7070 - Source Wikipédia |
Je ne suis jamais parti en
Afrique. J'ai soigné ce robuste gaillard de 7070 et ses successeurs 360/50
pendant une quinzaine d'années, puis je suis revenu à Paris. L'avantage de
travailler dans une grande entreprise comme IBM France, c'est de pouvoir y
exercer plusieurs métiers. Je venais de manipuler la burette d'huile et
l'oscilloscope, j'organisais maintenant le déplacement de spécialistes dans des
cas généralement graves et toujours urgents à grand renfort de téléphones et
d'horaires d'avions. J'ai même un moment été
professeur, toujours à l'Inspection.
Ce fut une "bourse de
l'emploi" qui décida de ma nouvelle orientation. La direction des
communications recherchait un : "Réalisateur Audiovisuel" pour son
service Publicité/Promotion générale. Je faisais déjà ce que l'on appelait à
l'époque du "cinéma d'amateur". J'y avais obtenu quelques succès que
mon environnement professionnel connaissait. Je fus donc chaudement recommandé
et à 40 ans j'intégrais cette nouvelle direction en tant que cinéaste.
L'atterrissage parmi ces
professionnels du texte, du dessin, de l'édition, de la photo, du design, fut
rude. Mais après avoir réalisé quelques films, je me suis senti bien à ma place
et je crois, apprécié. S'en est suivi une dizaine d'années exaltantes. J'ai
rapidement compris que pour réaliser des films ou produits de communications,
il fallait trouver des "budgets". La moitié de mon temps s'est passé
à faire des propositions et à motiver mes interlocuteurs, la seconde partie se passait
à rencontrer les fournisseurs extérieurs, à organiser des tournages à visionner
des film ou a organiser des projections. J'ai ainsi amené des caméras chez une
cinquantaine de clients et dans la plupart des lieux d'IBM France.

J'ai arrêté cette vie
passionnante de "saltimbanque" en rejoignant une agence commerciale
spécialisée en CAO (Conception Assistée par Ordinateurs). Ingénieur Commercial
en charge du marketing et de la communication de l'agence, j'ai participé à
l'aventure passionnante de l'image de synthèse et de la réalité virtuelle. On
sentait bien que les dessins filaires de la CAO n'étaient qu'une ébauche et que
l'informatique devait être capable de mieux exprimer la réalité ou mieux le
futur. Nous avons commencé par recréer le passé. Sur une idée de jeunes
ingénieurs de l'ENSAM (Ecole Nationale Supérieure des Arts et Métiers) et avec
le concours de partenaires extérieurs, nous avons recréé en images de synthèse
la grande Abbatiale de Cluny III.
Cette réalisation a eu un
grand retentissement dans les médias. L'année suivante nous avons réédité avec
la reconstitution des thermes de Lutèce au Musée du Moyen Age en plein cœur du
quartier latin à Paris...


Une chance qui ne se reproduira sans doute jamais: un carrière commencée avec la burette d' huile, les alésoirs et les goupilles, pour continuer les dépannages en scrutant les impulsions électriques "à l' oscillo", et finir à l' ère du quasi "jetable"...
RépondreSupprimerUne épopée technologique fabuleuse compréhensible des seuls amoureux de la technique...